En ce jour du 8 mai, nous nous rassemblons pour la première fois, avec gravité, respect et reconnaissance, pour commémorer la victoire des forces alliées sur la barbarie nazie en 1945, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Cette date historique incarne bien plus qu’un succès militaire. Elle symbolise la victoire de la liberté sur l’oppression, de la démocratie sur la tyrannie, de l’humanité sur l’inhumanité. Elle marque l’aboutissement d’un combat long, douloureux et incertain, mené par des femmes et des hommes qui ont refusé de se céder à la fatalité.

Aujourd’hui nous rendons hommage à tous ceux qui ont pris part à cette lutte : les soldats engagés sur les fronts, les résistants de l’ombre qui, au péril de leur vie, ont refusé l’occupation, les femmes et les hommes anonymes qui ont aidé, caché, protégé, transmis leur courage, leur abnégation, et leur sens du devoir ont permis de restaurer notre liberté.

Nous pensons également aux victimes de cette guerre. Aux millions de civils frappés par les bombardements, la faim, l’exil. Aux déportés, victimes de la barbarie concentrationnaire. Aux femmes, aux hommes et aux enfants persécutés en raison de leurs origines, de leurs convictions ou de leur foi. Leur souffrance et leur destin tragique constituent une part essentielle de notre mémoire collective.

Se souvenir, c’est reconnaître que l’histoire se bascule lorsque les valeurs fondamentales sont bafouées. C’est comprendre que le racisme, l’antisémitisme, la haine et l’intolérance ne sont jamais des opinions anodines, mais les prémices de tragédies humaines.

Commémorer le 8 mai, c’est aussi transmettre. Transmettre aux jeunes générations le souvenir de ces événements, mais aussi le sens de l’engagement et des valeurs pour lesquelles tant de vies ont été sacrifiées : la Paix, la Liberté, la Fraternité, la dignité humaine. Je veux profiter de cette cérémonie pour remercier les enfants de l’école, le corps enseignant, les parents et les représentants du Conseil des jeunes de leur présence et de leur engagement donnant une autre dimension à cette commémoration.

Et comment ne pas voir, dans le monde qui est le nôtre aujourd’hui, des échos qui nous interpellent ? À nos portes comme ailleurs, des conflits persistent, des peuples souffrent encore de la guerre et de la violence, les équilibres restent fragiles et les tensions parfois se ravivent là où l’on pensait la paix acquise.

Dans nos propres sociétés, les fractures peuvent réapparaître : la tentation du repli, la défiance envers l’autre, la banalisation des discours de haine ou d’exclusion. Ces dérives, si elles ne sont pas combattues, peuvent fragiliser les fondements mêmes de nos démocraties.

C’est pourquoi le message du 8 mai demeure profondément actuel. Il nous invite à faire vivre, concrètement, les valeurs qui ont guidé celles et ceux que nous honorons aujourd’hui.

Nous avons, collectivement, le devoir de faire vivre cette mémoire. Non pas comme un simple regard tourné vers le passé, mais comme une exigence pour le présent et pour l’avenir. Être fidèle à cet héritage, c’est refuser l’indifférence, c’est défendre les principes de la République, c’est agir, à notre échelle, pour une société plus juste, plus fraternelle et plus unie.

Que cette cérémonie soit donc un moment de recueillement, mais aussi un moment d’engagement, l’engagement de rester dignes de celles et ceux qui nous ont précédés et à transmettre, à notre tour, un monde de paix et de liberté.

Merci.

Camille Marchand, le 8 mai 2026 à Sanilhac-Sagriès.

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